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Textes

Patrick se réveille. A travers les persiennes jaunes, et par la chambre éclairée, il voit que le jour s’est bien levé. C’est le dimanche. Des bruits parviennent de l’étage en dessous. Papa et maman s’affairent dans la cuisine. En descendant l’escalier, une légère odeur de corne frappe l’odorat. Tous les dimanches matin, c’est la même chose. Les parents apprêtent un poulet pour le repas de midi. Là, on grille les canons de la volaille avant d’en gratter la peau.
Et le petit déjeuner des enfants, avec son goût de chocolat et de confiture, est quelque peu perturbé par les odeurs, voire les visions, comme celle de l’étripage de la volaille. La sœur aînée, par un haussement de sourcils et un sourire sardonique, montre qu’elle est au diapason de son frère. A l’étage en dessous, il y a le garage et le jardin. Dans les arbres, des oiseaux. On reconnaît les espèces par leurs chants. Et l’ensemble, au lieu de faire une cacophonie invraisemblable, se fond en un agréable mélange. La mère demande une dizaine de pommes de terre. Le cœur de Patrick se serre. Il est encore tout jeune, " petit ". Il sait que les pommes de terre sont à la cave. Et la cave, c’est un lieu de mystère inquiétant, avec des coins pleins d’ombres, une lumière rare qui donne aux choses les plus banales une silhouette inquiétante. L’escalier de la cave est franchi beaucoup plus vite au retour qu’à l’aller. Quel soulagement de passer la porte du palier, et de sortir de cette partie à part de la maison, la cave, porte d’un imaginaire obscur et inquiétant. Le grenier, tout aussi silencieux, inhabité, poussiéreux, et encore plus encombré de bric à brac, est lui aussi un lieu à part. Mais il n’est pas inquiétant du tout, il est le passé de la maison avec tout un tas de vieilles choses qui ont fait leur temps et qui dorment. Il est reposant. C’est une cachette régulière et amie pour un jeune enfant. Mais aujourd’hui, pas le temps d’aller au grenier. On a des invités, et on les reçoit dans la salle à manger, grande, froide, la plupart du temps inhabitée. Patrick essaie de faire tout ce qu’il faut pour se tenir bien à table : il ne met pas les mains sous la table, ni les coudes dessus, exercice difficile qui lui demande beaucoup de concentration.

Patrick Unal .

Atelier d’écriture – Mardi 22 mai 2007
Animé par Hervé Piekarski


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